Sénégal : Démocratie en danger

Blog de soutien à Jean-Paul et Barthelemy DIAS, opposants d'abdoulaye Wade, et prisonniers politiques dans une démocratie sénégalaise fragilisée. Communiqués de presse, contributions et revues de presse actualisées sur l'"Affaire DIAS".

6.10.06

PROCES - Barthélémy DIAS fixé sur son sort le 18 Octobre prochain : Le parquet veut confirmer les six mois d'emprisonnement

Hier, le Tribunal correctionnel a statué sur l’appel interjeté par les avocats de Barthélemy Dias. Devant une audience marquée par la présence des leaders de l’opposition, le parquet a demandé la confirmation de la peine de six mois fermes, prononcée par le Tribunal des flagrants délits.
L’avocat général de la Cour d’Appel de Dakar, Omar Sarr, a confirmé, hier, la décision rendue par le Tribunal des flagrants délits. Il estime que Barthélemy Dias est coupable des délits de diffusion de fausses nouvelles et d’outrage à magistrat dans l’exercice de ses fonctions. L’affaire est mise en délibéré par le président du tribunal, Dial Guèye, pour le 18 octobre prochain.
C’est que l’avocat général est convaincu de la culpabilité du prévenu. Il explique que les délits restent constants. «Les propos incriminés sont enregistrés dans un Cd, codifiés dans des journaux et qualifiés d’outrage par le ministère public.» Pour étayer ces allégations, le sieur Sarr, qui n’a pas présenté le Cd en question à l’audience, souligne que la défense en a fait largement référence. Ce qui signifie, à ses yeux, «un indice de preuve». Et il lit des extraits tirés dans des journaux de la place, où on fait état des déclarations de Barthélemy Dias, qui aurait «canardé le juge Lamine Coulibaly et le président de la République, Me Abdoulaye Wade». Aussi, argue-t-il, «la preuve est libre en matière pénale ; elle n’est pas soumise à une législation particulière». Se fondant sur cette déclaration, le représentant du ministère public demande au tribunal de prendre en compte ses éléments de preuve pour motiver la condamnation de Dias-fils.
Sur le refus du prévenu de répondre aux questions des éléments de la Division des investigations criminelles (Dic), au moment de l’enquête, prétextant qu’il n’a fait que des déclarations politiques, l’avocat général note que c’est seulement dans deux situations qu’un homme politique peut faire des déclarations sans être poursuivi. Il s’agit notamment d’une audience de l’Assemblée nationale, ou dans une campagne électorale.
Seulement, l’avocat général n’est pas sûr que «les nouvelles diffusées par Barthélemy peuvent entraîner des conséquences graves», comme la loi le veut, pour établir le délit de diffusion de fausses nouvelles. Sur ce, il se réfère à la sagesse du juge pour qu’il tire les conclusions idoines.
Mais, le juge Dial Guèye devra également tenir compte des remarques de la défense. Une défense qui a beaucoup insisté sur l’absence de preuve. Me Moutapha Mbaye note qu’en première instance, «les droits de la défense ont été violés et la procédure tronquée». En effet, rappelle-t-il, la défense n’a pas été mise au courant de l’existence de l’enregistrement, ni des éléments de preuves qui devaient lui permettre de se préparer. Il demande à ce que le tribunal retire ces éléments de preuve des débats, dans la mesure où ils ont été produits d’une manière irrégulière. Et Me Aïssata Tall Sall de souligner que la décision du Tribunal des flagrants délits qui a condamné son client n’a pas été motivée. En effet, fait-elle remarquer en brandissant l’arrêt rendu par ce tribunal, «il n’y a aucune preuve satisfaisante qui justifie la condamnation». Surtout que, selon elle, «c’est parce que la preuve est libre, qu’elle est organisée et ne doit pas être produite de manière déloyale».
Ensuite, Me Aïssata Tall Sall, comme son confrère Me Mbaye, pour demander la relaxe de Barthélemy Toye Dias, a suggéré au président du tribunal de «refuser que son prétoire soit un endroit de règlement de compte politique». Pour eux, le pays va vers des dérives, et c’est à la justice de ramener l’ordre, en restant au-dessus de la mêlée politique-politicienne. Ainsi, Me Tall Sall, se fondant sur les enseignements du Prophète de l’Islam, prétend avoir accompli sa mission en combattant l’injustice par sa parole. Ainsi, elle engage le juge à faire de même en libérant Barthélemy Dias, comme il en a le pouvoir.
article paru dans l'édition du journal LE QUOTIDIEN du 5 octobre sous la plume de Cheikh Fadel BARRO

1 Comments:

  • At 12:43 PM, Anonymous Michel said…

    Merci aux avocats qui se battent du mieux qu'ils peuvent. Ils sont brillants et dans n'importe qu'elle pays de droit, leur client n'aurai jamais ete emprisonne pour commencer. Mais le dictateur wade nous a demontre qu'au Senegal, tout est possible, meme les condamnations les plus absurdes

     

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