Sénégal : Démocratie en danger

Blog de soutien à Jean-Paul et Barthelemy DIAS, opposants d'abdoulaye Wade, et prisonniers politiques dans une démocratie sénégalaise fragilisée. Communiqués de presse, contributions et revues de presse actualisées sur l'"Affaire DIAS".

31.8.06

Sarko, Ngom et le pneu crevé

Monsieur Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur de la République française et candidat à la Présidence, recevait aujourd'hui en son ministère son homologue sénégalais, Monsieur Ousmane Ngom.

L'objet officiel de cette rencontre était la "maîtrise des flux migratoires transcontinentaux". Vous l'aurez compris, il ne s'agit malheureusement pas de limiter la quantité ou la vitesse des "Mad Max" de tous poils qui ravagent les terres d'Afrique à l'occasion du rallye Paris-Dakar mais bien de décourager les jeunes sénégalais courageux mais sans avenir de quitter leur pays pour tenter leur chance en Europe.

Mais au fait Monsieur Ousmane Ngom, comment se fait-il que tant de vos jeunes concitoyens souhaitent ainsi partir pour une croisière sur l'Atlantique? Serait-ce par goût de l'aventure, genre de Gérard d'Aboville africains? Serait-ce pour se payer des vacances sur les côtes d'Espagne? Serait-ce parce qu'ils sont amateurs de pêche sportive comme nombre des administrés de Monsieur le maire de Neuilly sur Seine? Que nenni! Les élèves de "Maître Ngom" se barrent parce qu'ils ont faim, parce que la corruption et l'incompétence des dirigeants est telle que leur pays ne peut leur offrir aucune prespective d'avenir, parce qu'il leur parraît moins risqué d'affronter les dangers des océans que d'affronter l'incurie de leurs dirigeants. Il est a espérer que Monsieur Sarkozy, recevant Ousmane Ngom, lui aura fait comprendre que l'emprisonnement d'opposants politiques n'est pas une façon de rendre espoir aux milliers de jeunes sénégalais qui rêvent d'un avenir meilleur pour eux et pour leur pays. Si Monsieur Sarkozy s'était abstenu de ce commentaire, il n'aurait pas seulement fait preuve d'une molesse inhabituelle, il aurait également contribué à perpétuer les causes du problème qu'il prétend combattre. Bref, en recevant en grande pompe monsieur Ngom (le bien nommé), Nicolas Sarkory s'est escrimé à gonfler un pneu crevé!

Quant à Monsieur Ngom, qui cautionne de facto l'emprisonnement de ses ex compagnons de lutte, il ne mérite pas de venir à Paris par la voie des airs et encore moins de parader sous les ors d'une République dont il contribue chaque jour à baffouer les principes.

Diogenius

29.8.06

Otage d'Etat!

Alors que d'autres grands hommes politiques mettent à profit leurs vieux jours pour s'adonner à la poésie ou aux oeuvres caritatives, le Président Wade fait dans l'originalité en inventant de nouveaux concepts kafkaïens et en s'en mettant plein les poches.

Après le concept de "sénégalité" qui connût le succès que l'on sait il y a quelques semaines, voici qu'Abou Abdoulaye teste celui d' Otage d'Etat! L'idée en est simple: Pour faire pression sur un homme politique un peu gênant, quoi de mieux que d'arrêter son fils et de l'envoyer à l'autre bout du pays dans une prison dont la réputation ferait pâlir d'envie les concentrationnaires les plus audacieux? J'en ai rêvé, Abdoulaye l'a fait: Et voici Barthélémy Dias, toujours en attente de son jugement en appel, catapulté manu militari au fin fond du Senegal Oriental. L'histoire ne dit pas si le convoi carcéral embarquera à bord du Joola, icône de l'incurie de la gestion Wade. Il ne fait en revanche aucun doute que ce transfert ne remontera pas le moral de Jean-Paul Dias, lui même incarcéré.

Il nous reste juste à espérer (pourquoi pas?) que ces quelques lignes parviennent aux responsables de la maison d'arrêt de Tambacounda et que ceux-ci traitent dignement leur précieux otage en attendant des jours meilleurs pour le Sénégal.

Diogenius

28.8.06

SUMMARY IN ENGLISH

On August 9th 2006, Mr. Jean-Paul Dias, leader of the Senegalese opposition, was arrested by the Senegalese secret police (the "DIC") and sent to Prison. The arrest (or should we say "assault"?) was conducted by no fewer that 50 men in arms and took place at 6 in the morning. Mr. Dias's house was devastated by the police (see pictures) and his wife beaten. The official reason behind Mr. Dias's spectacular arrest was his public refusal to comply with a request by the "police" to prove his Senegalese nationality (Mr. Dias is Senegalese and has served as Vice-President of the National Assembly as well as minister in a previous government, his nationality is not to be questionned but his surname is from Portugese origin, hence the attempt at stiring xenophobic feelings against him and his family).

This was the second time Mr. Dias was arrested and jailed. The first attempt at quiteing Mr. Dias (in april 2006) was "spoiled" by President Wade's obligation to release prominent political prisoners before he flew to Paris to receive of the UNESCO prize for "peace and democracy" in Paris (a real shame for the UNESCO, but that is another story). The official reason for Mr. Dias's first arrest was "offending the Head of State" (President Abdoulaye Wade, 80 years old). Once hailed as a democratic "oasis" in West Africa, Senegal has de facto fallen back into a nasty authoritarian regime, with Mr. Wade's government intimidating journalists, arresting opponents and confiscating major portions of National wealth.

However, the real reason behind those arrests is to "clear the way" before the upcoming Presidential election which is to be held in february 2007. Given his poor record at home as President, it seems that Mr. Wade's strategy for reelection is to jail all of his opponents... while collecting prizes abroad! Mr. Wade and his secret police are putting as much pressure as they can on Mr. Jean Paul Dias. Not only did they arrested him twice on dodgy grounds, they have also decided to arrest and to jail his son, Barthélémy Dias, a young father of 2. Barthelemy's only crime was to have had strong words against Mr. Wade's regime. In order to make sure that Mr. Jean-Paul Dias would "behave properly" (i.e. stop resisting and sit in prison until after the election) his son was effectively taken as a "State Hostage" to the remote prison of Tambacounda, 800 km South East of Dakar. Tambacounda is famously the worst prison of the country and the Dias familily now fears for Barthélémy's life.

The Dias family as well as many friends, journalists, democracy organisations and human right activists in Senegal are fighting to secure Jean-Paul and Barthélémy's release. Thank you for reading their story and for leaving a comment on that blog. Please come back regularly to check the latest developments and spread the blog's URL around you. Thank you for helping us to support democracy and freedom of speach in Senegal!

27.8.06

Barthélemy DIAS transféré à la prison de Tambacounda


Nous venons d'apprendre que Barthélemy a été transféré ce matin à la prison de Tambacounda, la pire du Sénégal.

Madame DIAS qui s'est rendue ce matin au Camp Pénal de Liberté 6 à Dakar pour apporter son repas à Barthélemy s'est vu annoncer par les gardes pénitentiaires que son fils avait été transféré à la prison de Tambacounda à l'extrêmité Sud-Est du pays.

Il faut malheureusement voir derrière cette décision de l'administration pénitentiaire une volonté manifeste d'élimination physique de l'opposant Sénégalais.

Nous avons plus que jamais besoin de votre mobilisation !

Un violeur récidiviste à Besançon!

Les services de renseignement français seraient sur la piste d'un énergumène peu recommandable qui se cacherait actuellement dans la région de Besançon (Doubs). L'individu, 80 ans, fière allure, d'origine sénégalaise est recherché dans son pays pour viol de la liberté d'expression, atteinte aux droits de l'homme et détournement de démocratie. Le maire de Besançon aurait dores et déjà pris des mesures afin de protèger le buste de Mariane - symbole de la démocratie française - des pulsions autoritaires incontrôlables du violeur. Il est cependant à craindre que le malfaiteur - qui possèderait des complices en haut lieu - n'arrive à quitter clandestinement le territoire pour retourner au Sénégal où ses victimes se comptent par centaines.

Sergent Dada

24.8.06

Sénégal : Dias, à l'ombre de père en fils

Article publié sur bakchich.info le 23 Août 2006 et signé Tidiane de Loyola

Au pays de la Téranga la famille est chose sacrée. Et dans sa mansuétude, la justice sénégalaise veille à ne pas séparer trop longtemps parents et enfants. Après avoir condamné à trois mois de prison ferme l’ancien ministre et leader du Bloc des centristes gaïnde (BCG -opposition) Jean-Paul Dias, elle a envoyé hier son fils, Barthélemy chef de file de convergence socialiste (PS-opposition) en cabane pour six mois. Touchants juges !

L’injure faite à un magistrat coûte cher à Dakar, plus en tout cas que l’offense à chef de l’Etat... Pour avoir insulté le président de la république Abdoulaye Wade et le procureur de la république Lamine Coulibaly et pour avoir utilisé d’autres noms d’oiseaux lors d’une intervention radio, Jean-Paul Dias a été condamné à un an de prison dont trois mois fermes le 16 août dernier. Après des propos similaires, son fils Barthélemy a écopé de six mois fermes hier. Deux sentences sévères, d’autant que les circonstances dans lesquelles ces propos ont été proférés et la dimension politique des deux condamnés troublent le jeu.
Ancien ministre d’Etat d’Abdou Diouf, fervent opposant à Abdoulaye Wade, personnalité phare de la très respectée communauté chrétienne du pays, Jean-Paul Dias ne cache pas non plus sa tentation de rallier son parti à l’ancien Premier Ministre et ancien fils préféré du Président, Idrissa Seck.

Son fils s’est lui engagé sous la bannière du Parti socialiste où il dirige les mouvements des jeunes, convergences socialistes. En une semaine, deux figures de l’opposition se voient donc condamnés par la justice. A l’évidence, une mauvaise publicité pour un régime qui passe pour être un îlot de démocratie en Afrique de l’Ouest et un régal pour les mauvaises langues qui y voient la main du pouvoir...

Une enquête à l’intitulé nauséabond

Encore plus gênant, l’érection en véritable police politique de la direction des investigations criminelle (Dic). Longtemps connue pour traquer les journalistes fouineurs, cette police s’est désormais forgée une réputation en chassant l’homme politique. Et c’est après une fumeuse opération de la Dic que Dias père et fils se sont retrouvés en cabane...

Le 9 août dernier, les poulets sénégalais se sont invités à prendre le thé chez les Dias. « Un véritable commando », se rappellent les proches de Jean-Paul Dias, « qui a dévasté la maison et frappé sa femme ». L’intervention de cette police s’inscrivait dans le cadre d’une enquête à l’intitulé nauséabond, « la sénégalité douteuse de Jean-Paul Dias ».

Passablement énervé par cette visite, le leader du Bcg s’est emporté violemment contre le chef de l’Etat et le procureur de la République dans les médias locaux, allant jusqu’à proférer des menaces de mort dans un wolof proverbial... Autant de propos rapidement retirés par l’intéressé sans que cela ne lui évite la condamnation.

Son fils, lui, n’a pas parlé à la presse ni à la radio... plutôt aux « grandes oreilles ». C’est sur la foi d’un enregistrement effectué à son insu et dans le cadre privé que Barthélemy Dias a été déféré devant le tribunal et condamné au seul chef « d’outrage à magistrat », pour des insultes contre le procureur de la République. De là à penser que le fils Dias a été piégé par les services.

Qu’importe les moyens après tout, pourvu que père et fils soient réunis...


Bakchich.info est un site satirique d'information sur le Maghreb, l'Afrique, Le Moyen-Orient et la France métissée.

Pour en savoir plus, lisez http://www.bakchich.info/Senegal-Dias-a-l-ombre-de-pere-en.html

Accident de la circulation pendant le transfert de Barthélemy DIAS à la prison de Tambacounda

Irresponsabilité, volonté manifeste ou simple accident de la circulation ? La sortie de route de la fourgonnette qui transportait Barthélemy DIAS et ses gardes lors de son transfert du Camp Pénal de Liberté 6 à la prison de Tambacounda aurait pu coûter la vie aux occupants du véhicule. En effet, le véhicule a quitté la route et s'est retrouvé dans le décor. Il aura fallu l'intervention de personnes se trouvant sur le lieu de l'accident pour ramener le véhicule accidenté sur la chaussée.
Il est important de noter le silence de l'administration pénitentiaire sur cette affaire, révélée suite aux visites des proches de Barthélemy DIAS à Tambacounda.

Lettre ouverte à Monsieur l'ambassadeur du Sénégal a Paris

Excellence,

C’est en qualité d’ami du Sénégal et convaincu de la vocation démocratique de votre pays que je prends la liberté de vous écrire ces lignes. Confiant de trouver une écoute attentive auprès d’un homme de votre qualité, je souhaite vous faire part de mon inquiétude concernant le sort réservé à Jean-Paul Dias et à son fils Barthélémy Dias.

J’ai eu la chance de rencontrer personnellement Monsieur Jean-Paul Dias il y a quelques mois. Je puis attester qu’il s’agit d’un homme d’une grande humanité, généreux, sensible, passionné. Rien ne compte plus au monde pour monsieur Dias que son pays et sa famille, ses enfants et petits enfants.

Le 9 août dernier, Mr. Dias a été victime de son humanité et de sa passion. En le convoquant pour « vérification de la validité de sa Nationalité Sénégalaise », les représentants de l’Etat savaient que la bassesse du motif provoquerait une réaction instinctive de leur proie et permettrait de mieux la piéger. Monsieur l’Ambassadeur, vous conviendrez que de telles pratiques ne sont pas à l’honneur du Sénégal. Certains sénégalais seraient-ils plus sénégalais que d’autres ? Faudra-t-il à l’avenir avoir au moins « quatre quartiers de sénégalité » pour pouvoir servir son pays ? En s’insurgeant contre une telle conception de la politique et contre une telle vision de l’humanité, monsieur Dias a sauvé l’honneur de votre pays. Le Sénégal deviendrait-il le premier pays du continent à rétablir l’appartheid et à couvrir les agissements d’une milice d’Etat chargée d’arrêter, de malmener et d’emprisonner les opposants? Est-il normal qu’un Etat démocratique s’acharne à ce point sur une famille en arrêtant arbitrairement le père, en écoutant illégalement le fils, en saccageant leur domicile et en emprisonnant ces deux hommes ? Ces pratiques d’un autre temps font craindre que les espoirs qu’avait fait naître l’arrivée au pouvoir du Président Wade ne soient finalement déçus.

Monsieur l’Ambassadeur, j’en appelle à votre jugement personnel, à votre liberté de conscience. Pouvez-vous cautionner de telles pratiques dont vous saisissez certainement les abus et les dangers? La liberté d’expression est-elle un luxe dont peut se passer un Sénégal digne et démocratique ? Il faut que vous fassiez savoir à Dakar que nous nous battrons sans relâche pour la libération et la réhabilitation de Monsieur Dias et de son fils.

En emprisonnant Jean-Paul Dias, M. Wade, qui a reçu de nombreux éloges ces derniers temps, prouve qu’il ne les mérite pas. Il risque de ternir la fin de son mandat et de salir l’image que l’Histoire retiendra de lui.

En se faisant le promoteur du concept de « sénégalité » à des fins politiques, monsieur Wade se vautre dans les boues nauséabondes de la démagogie et de la xénophobie alors même que son mandat aurait pu s’achever dans l’honneur et la dignité.

En emprisonnant Monsieur Dias, monsieur Wade, autrefois fin politique, fait un fort mauvais calcul : Chaque jour que Jean-Paul Dias passe en prison le rend plus fort, plus crédible, plus à même d’incarner le changement au Sénégal. En emprisonnant monsieur Jean-Paul Dias, monsieur Wade en fait le Nelson Mandela du Sénégal.

Monsieur l’Ambassadeur, en m’en remettant à votre bienveillante intercession, je formule l’espoir que la famille Dias retrouvera bientôt le chemin de la liberté et le Sénégal celui de la dignité.

D.M.

23.8.06

Demonstration in Dakar

Leading intellectuals, journalists, polical opponents and rank-and-file Senegalese citizens are to demonstrate tomorrow (Friday Sept. 1st) in Dakar.
They demand the immediate release of Jean-Paul Dias and his son Bathélémy, the return of freedom of expression in Senegal and the end of corruption. We will be watching closely and hope for a positive gesture from the government.

This demonstration has unfortunately been forbiden by the authorities.

Aux manifestants de Dakar

Amis de la Démocratie, amis des droits de l'homme, amis du Sénégal, vous qui vous apprêtez à manifester demain à Dakar, nous sommes de tout coeur avec vous!

Soyez dignes des valeurs que vous défendez. Soyez sereins, soyez respecteux, soyez tolérants, soyez un modèle pour tous les sénégalais! Montrez à toute l'Afrique combien est grande la sagesse du peuple sénégalais. Ne cèdez pas aux provocations que vous pourriez rencontrer sur vos pas. Faites entendre votre voix mais considérez toujours tous les sénégalais comme vos frères. Ne donnez pas au pouvoir l'occasion de travestir une initiative populaire légitime en révolte désordonnée et répréhensible. Donnez à tous une leçon de détermination et de dignité.

Bonne chance, bon courage et vive le Sénégal!

Diogenius

Barthélémy DIAS à la prison de Tambacounda : "l'acharnement se confirme"

Article paru dans Le Quotidien (journal Sénégalais), édition du 28 Août 2006, sous la plume de Cheikh Fadel BARRO

Barthelémy Dias a été transféré le samedi dernier à la prison de Tambacounda. Ses avocats informés par la famille du prévenu, parlent de décision qui sort de la normalité et entendent accélérer la procédure en appel.

Le Sénégal a-t-il son Robben Island ? Après Mamadou Dia dans les années 60, c’est au tour de Barthélémy Dias d’être déporté ou plutôt transféré dans la prison de Tambacounda. Une région réputée pour ses températures élevées et son éloignement de la capitale où les avocats et les organisations des droits de l’Homme veillent sur tout. Le transfert de Barthélémy a eu lieu le samedi dernier dans la plus grande discrétion, apprend-on. «Sa mère s’est rendue à la prison de Liberté 6 vers midi pour lui apporter à manger, mais à sa grande surprise, on lui apprend que son fils était transféré tôt le matin à la prison de Tambacounda», rapporte Me Moustapha Mbaye, un des avocats du prisonnier.

C’est avec surprise et désolation que les défenseurs du leader de Convergence socialiste ont appris ce transfert qu’il qualifie de «cruel, méchant et gratuit». Quand on décide d’emprisonner quelqu’un à Tamba, c’est certainement pour le faire souffrire, pense Me Samb. Me Jacques Baudin trouve que cette décision des autorités ne fait que confirmer «l’acharnement sur la famille Dias» dont on parlait depuis le début de cette affaire. Pour lui, si l’administration pénitentiaire est libre de faire des transferts, il faut reconnaître que ce transfert ne correspond pas à la normalité. L’usage, selon Me Baudin, veut que les gens qui sont condamnés par des juridictions de Dakar soient emprisonnés à Dakar. Surtout que, dans ce cas, il y a un appel et la présence du mis en cause est nécessaire devant le deuxième juge de fond, soutient-il. «Même si c’est régulier, c’est contraire aux usages», tranche-t-il.

Seulement, les conseils de Dias-fils n’ont pas assez d’arguments juridiques pour tirer leur client de la chaleur du Sud-Est du pays, face aux prérogatives de l’Administration pénitentiaire. Il existe le recours au Conseil d’Etat, mais Me Baudin n’est pas très enthousiasmé par cette solution. «A cause de ses lenteurs», précise-t-il. La seule issue restante, c’est d’accélérer la procédure en appel pour casser l’arrêt prononcé par le Tribunal des flagrants délits, souligne Me Moustapha Mbaye. Pour l’instant, vont primer une campagne d’information au plan national et international pour dénoncer ce transfert, ainsi qu’une saisine des ambassades française et américaine à Dakar.

Pour en savoir plus, visitez http://www.lequotidien.sn

Bienvenue sur le blog SenegalDias

Vous êtes de plus en plus nombreux à venir nous rendre visite. Nous tenons à vous remercier pour vos nombreux encouragements.

Ce blog est ouvert à tous ceux qui aiment le Sénégal et prennent à coeur la défense de sa vie démocratique.

N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

Et surtout à diffuser l'adresse du blog http://senegaldias.blogspot.com par mail, sur les forums que vous fréquentez et/ou en créant un lien sur votre blog personnel.

Nous sommes disposés en retour à référencer les sites les plus qualitatifs sur la politique au Sénégal.

Pour les journalistes sénégalais et étrangers, nous vous incitons à citer le blog et son adresse dans vos articles et sommes à votre disposition pour des informations complémentaires.

Ce blog est réactualisé plusieurs fois par jour : n'hésitez pas à y revenir aussi souvent que possible.

Bonne lecture,

Marche de protestation le 1er septembre à Dakar

Article publié dans Sud quotidien, sous la plume de Bacary Domingo MANE

POUR LIBERER LES DIAS

Les Intellectuels marchent vendredi prochain

Le Comité d'Initiative des Intellectuels du Sénégal (Ciis) et la Coalition Citoyenne et l'Alliance des Citoyens pour la République (Acr) organisent une marche pour la libération de Barthélemy et Jean-Paul Dias, le vendredi 1er septembre, prochain. Le départ de la marche est prévu à partir de 16 h 30, à l’Obélisque, avec comme point de chute, la Rts-triangle Sud, en passant par les Allées du Centenaire.

Les initiateurs de cette marche, renseigne le communiqué de presse, exigent « l’arrêt immédiat de l'acharnement du Pouvoir de Me Wade contre la famille Dias ! », protestent contre la « hausse de 15 % du prix de l’électricité ! », « la corruption et à la concussion ! » et se « solidarisent avec les sinistrés, le monde rural et les enseignants en lutte ». Ils estiment que « L’ivoirité de Henri Konan Bédié a mis la Côte d’Ivoire à feu et à sang, la Sénégalité de Me Abdoulaye Wade doit être étouffée dans l'œuf, hic et nunc (ici et maintenant ».


Les manifestants vont agiter des slogans du genre : « Non à la sénégalité ! », « A bas les Sénégalitaires ! », « Tous contre Me WADE et les Sénégalitaires pour la défense de la Citoyenneté et de la République » etc.


Les initiateurs de cette manifestation soutiennent que la « politique de jeunesse de Me Wade a poussé une partie des jeunes au fond de l’atlantique ( « l’émigration clandestine »), l’autre partie a été noyée dans le Bac 2006 ; nous ne laisserons pas le troisième segment qui a décidé de rester au pays et de faire front, comme Barthélemy, mourir dans les geôles du « Despote éclairé » ! Sénégal, réveille-toi, le Pouvoir est devenu sénile ! », martèlent-ils.

Bacary Domingo MANE

Pour en savoir plus, http://www.sudonline.sn

22.8.06

Affaire DIAS : revue de presse

Une déclaration d'Amath Dansokho suite au transfert de Barthelemy DIAS à Tambacounda
http://www.nettali.com/article.php3?id_article=1243

Préalable au dialogue politique : la CPA exige d'abord la libération des Dias
http://www.nettali.com/article.php3?id_article=1232

L'élysée rassure les 18 000 Français du sénégal et incite le quai d'orsay à garder un oeil sur Dakar
http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=9148&cat=actualite

21.8.06

La démocratie dérape au Sénégal



Monsieur Jean-Paul DIAS, leader de l’opposition sénégalaise, chef du parti politique BCG (Bloc des Centristes Gaïndé), ancien ministre, ancien député et ancien Vice-président de l’Assemblée Nationale du Sénégal vient d'être condamné à 1 an d'emprisonnement dont 3 mois fermes pour "offense au chef de l’Etat, outrage à magistrat et diffusion de fausses nouvelles..."

Victime d’une première arrestation arbitraire au mois d'Avril dernier, Monsieur DIAS avait été emprisonné puis « relâché » 3 semaines plus tard afin que Monsieur Wade, lauréat 2006 de l’UNESCO, puisse venir chercher son prix « Felix Houphouet Boigny » à Paris dans de « bonnes conditions ».

Monsieur Dias - officiellement en « liberté provisoire » depuis l’embastillement du mois d'Avril - a refusé de se rendre à une nouvelle convocation de la Division des Investigations Criminelles pour une surprenante « vérification de la validité de sa nationalité sénégalaise ». Il s'en est indigné dans la Presse locale de façon énergique (et s’est ensuite excusé des débordements verbaux que son indignation avait engendrés).

Monsieur Jean-Paul Dias a été interpellé sans ménagement le 9 août 2006 à son domicile par un "commando" de la DIC, opération au cours de laquelle son épouse a été battue et son domicile saccagé. Son fils Barthelemy Dias, Secrétaire Général de Convergence Socialiste, a lui aussi été arrêté pour des propos jugés diffamatoires.

Pour votre information, la nationalité sénégalaise de Monsieur Dias ne prête à aucune polémique : Monsieur Jean-Paul Dias est né au Sénégal de parents Sénégalais, y a grandi et a surtout accompagné Monsieur Wade au moment où celui-ci se battait dans l’opposition. Jean Paul Dias a notamment été ministre dans le même gouvernement que Monsieur Abdoulaye Wade, alors Ministre d'Etat du Président Abdou Diouf.

Règlement de compte ou intimidation d’un adversaire politique qui gène ? En décidant d’enquêter sur la nationalité de Jean-Paul Dias à quelques mois d'échéances électorales importantes au Sénégal, le Ministère public, donc l’Etat, fait la preuve de son acharnement à museler et éliminer un de ses plus tenaces opposants et prend le risque de plonger le pays dans une spirale dont les conséquences seraient incalculables.

Au cours des derniers mois, il ne vous aura sûrement pas échappé que la Démocratie avance à reculons au Sénégal. Mr. Wade, brillant lauréat du prix Houphouet Boigny pour la Paix en raison de "sa contribution à la démocratie dans son pays et sa médiation lors des crises et litiges politiques en Afrique", et son clan ont fait jeter en prison journalistes et opposants politiques sous des prétextes aussi divers que grotesques. La liberté d'expression n'existe plus dans ce pays où la tristement célèbre "Division des Investigations Criminelles" est plus connue pour ses intimidations de journalistes et ses convocations arbitraires d'opposants que pour ses résultats dans la lutte contre la vraie criminalité.


Cyrus Chesnut le 20 Août 2006

20.8.06

Une ancienne "complice" écrit à Wade

"Nous ne vous laisserons jamais, toi et les tiens, faire du sénégal une seconde côte d'ivoire".

Par le docteur Mame Marie Faye, médecin ophtalmologiste à Dakar et ancienne camarade de lutte politique de Abdoulaye Wade,


Lettre ouverte du docteur Mame Marie FAYE au Président Abdoulaye WADE : L’indicible horreur du mot ’Sénégalité’.Mon ‘père’, nous ne vous laisserons jamais, toi et les tiens, faire du Sénégal une seconde Côte d’Ivoire !
Mon cher ‘père’
Point E, je me souviens. Oui, je me souviens, mon ‘père’, de ces matinées de samedi au Point E vers la fin des années 80. C’était des matinées réservées à un cercle très restreint d’intimes où nous pouvions alors, relax, discuter de choses très sérieuses sans être dérangés par le va-et-vient incessant des jours ordinaires.
J’ai été la première femme cadre à avoir accepté de militer ouvertement au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds) et il fallait alors un sacré courage pour le faire, surtout pour une personne exerçant sa profession en privé et avec le régime de l’époque. Je n’ai jamais voulu entendre parler de ‘Section bleue’ et c’est avec fierté que j’assumais et affichais mon appartenance au Pds. Je croyais alors énormément en toi. Tu étais pour moi une sorte de ‘Dieu’ et nos relations étaient de véritables relations de père à fille. Tu me présentais d’ailleurs à tout le monde comme telle, d’où l’étiquette de ’Fille de Abdoulaye Wade’ qui, aujourd’hui encore, me colle à la peau. J’affectionnais donc ces samedi matin parce que, pour moi, j’allais retrouver non seulement le ‘père’, mais aussi le héros qui, à mes yeux, allait changer la face de ce Sénégal, qui m’est si cher, et peut-être aussi celle de cette l’Afrique tant aimée.
Aussi j’étais presque toujours la première, le samedi, à me présenter dès 9 h au Point E. Tu me jetais alors un regard complice et, avec le sourire, tu me prenais souvent par le bras pour que nous allions nous installer dans le jardin. Là, tu avais pour habitude de t’allonger sur ta chaise longue et moi, après quelques caresses en réponse à l’accueil chaleureux d’Ulysse, ton chien fidèle et un rapide bonjour à Viviane toujours affairée à s’occuper de son intérieur, c’est le plus simplement du monde que je prenais une chaise de jardin pour venir m’asseoir à tes côtés. Et la discussion était partie jusqu’à ce que d’autres personnes viennent se joindre à nous. C’est donc ainsi qu’avec le plus grand sérieux, du moins en ce qui me concernait, que toi et moi avons refait et le Sénégal et l’Afrique et parfois même le monde.
Quand je repense à tout cela bien des années après, je suis frappée par la propension que tu avais alors à être presque toujours d’accord avec moi concernant la plupart de mes idées. Il était rare que tu me contredises s’agissant de mes projets pour le Sénégal et c’était le plus souvent : ’Oui Mame Marie, tu as raison, c’est vrai, tu as raison’. En fait je suis convaincue aujourd’hui que tu pensais alors en ton fort intérieur, en m’approuvant : ’Cause toujours Bobonne, cause toujours, les promesses n’engagent que ceux ou celles qui y croient…’. Tu as bien dû te marrer intérieurement à l’époque en m’écoutant t’exposer mes idées, avec la plus profonde conviction. Mais tout cela s’est passé dans une vie antérieure où tu ne pensais pas du tout qu’un jour, tu aurais à diriger ce pays et pour cette raison, tu pouvais nous raconter et nous faire croire tout ce que tu voulais. Aujourd’hui, la réalité que tu fais vivre aux Sénégalais est tout autre. Je ne m’attarderai même pas sur le nombre de tes promesses non tenues parce que la liste serait trop longue et les Sénégalais la connaissent par cœur, ni sur la manière dont tu as trahi le peuple qui a cru en toi et t’a confié son destin ; cette trahison, les Sénégalais la vivent au jour le jour dans leur chair. Je ne m’intéresserai pas non plus à ton amour démesuré pour tes anciens bourreaux, amour qui va bien au-delà du simple ’Syndrome de Stockholm’. Non, mon propos sera plutôt axé sur la manière inexplicable, inqualifiable et injustifiée avec laquelle tu t’acharnes sur tes anciens amis, enfants et compagnons des années de braises après les avoir eux aussi trahis, puis abandonnés sur le bord de la route.
C’est comme si, inconsciemment, tu en voulais à ces personnes-là d’avoir été les témoins oculaires de ta traversée du désert, de l’avoir partagée avec toi et, par conséquent, de connaître un peu trop de choses. Cependant, rappelle-toi que Jésus a bien partagé le repas avec les apôtres, que François Mitterrand a marché de la Place de la République à la Place de la Bastille entouré de tous ses anciens compagnons de lutte au soir de ce mémorable 10 mai 1981, tandis que Nelson Mandela a battu les records de noblesse et de dignité en laissant la place au fils de Kevin Mbeki, son ami et compagnon d’infortune mort au bagne de Robben Island, alors que des millions de Sud Africains le suppliaient de rester encore au pouvoir.
Tes sentiments de rancœur à l’égard de tes anciens compagnons de route se transforment franchement en haine dès l’instant où ces derniers osent afficher une quelconque ambition politique. Aussitôt, tu te mets à les considérer comme des ennemis, des ‘Hommes à abattre’ par tous les moyens. Et alors là, plus rien ne peut t’arrêter et c’est ainsi que, allégrement, tu franchis le Rubicon en faisant naître un mot jusque-là inconnu de toute l’histoire du Sénégal, un mot jusque-là banni de tous les langages, parce que porteur de tous les dangers, de toutes les dérives du monde, il s’agit du mot ‘Sénégalité’.
Ça y est, les fauves sont lâchés ! : Mon ’père’, je vais reprendre ici ce que je t’avais déjà dit au début de l’alternance. J’ai eu à te dire que le Sénégal n’était et ne sera jamais au grand jamais ta propriété personnelle ni celle des tiens. C’est parce que onze millions de Sénégalais ne peuvent gouverner en même temps leur pays qu’ils se choisissent démocratiquement un dirigeant pour lui confier les rênes du pays.
Les Sénégalais t’ont simplement confié le gouvernail du bateau ‘Sunugal’ pour le mener à bon port, mais ils ne t’ont jamais dit qu’ils t’avaient offert et le bateau et ses passagers pour que tu en disposes à ta guise, au point de vouloir amener le bateau à se fracasser tout droit sur les récifs. Et il semble bien que c’est ce que tu t’apprêtes à faire en nous servant ta dernière trouvaille quant à la ‘Sénégalité’ de notre compatriote Jean-Paul Dias.
Tu n’es pas sans ignorer que cet homme, qui a été pendant vingt ans ton compagnon de route et sur la personne et la famille de qui tu t’acharnes aujourd’hui et ceci de la façon la plus écœurante, a eu à occuper de très hautes fonctions au niveau de l’Etat. D’abord premier secrétaire de l’ambassade du Sénégal en Tunisie, il a fait l’Enam (école que seuls les Sénégalais peuvent fréquenter) et en est sorti major. Il a ensuite poursuivi sa carrière comme inspecteur du travail à Kaolack. C’est alors que le président Senghor fait appel à ses compétences et le prend dans son cabinet comme conseiller technique chargé du travail et de l’action sociale, poste qu’il cumule avec celui de directeur de la Fondation nationale d’action sociale du Sénégal (Fnass). Et c’est à ces titres qu’il mettra en œuvre la construction du Centre Talibou Dabo, l’extension de la clinique cardiologique de l’Hôpital Aristide Le Dantec ainsi que la construction du Centre de léprologie de Peykouck. Et c’est toi, mon ‘père’, qui le choisira comme ministre de l’Intégration africaine lors de ta première entrée dans le gouvernement du président Abdou Diouf en 1991. Ce ministère venait d’être créé et je me souviens que malgré de très faibles moyens, Jean-Paul fera tout pour lui donner ses lettres de noblesse. Tu ne vas pas me dire aujourd’hui qu’en portant à l’époque ton choix sur Jean-Paul Dias pour être ministre de la République, tu ignorais sa véritable nationalité qui est d’être aussi sénégalaise que la tienne.
Par la suite, Jean-Paul Dias a eu à créer son propre parti, le Bcg, ce que seul un Sénégalais peut faire. Il a été ensuite élu député du Sénégal et a occupé un poste de vice-président à l’Assemblée nationale.
Si après avoir laissé Jean-Paul Dias occuper toutes ces hautes fonctions au sommet de l’Etat, le gouvernement du Sénégal veut maintenant nous parler de la ‘Sénégalité’ de ce dernier, alors je dis qu’il y a vraiment lieu de s’inquiéter au sujet du fonctionnement de notre chère République. Mais s’il s’agit simplement de nous divertir pour pouvoir éliminer un adversaire politique, alors là je dis que c’est encore plus grave parce que ce serait prendre le peuple sénégalais pour un ramassis de canards sauvages auxquels on ferait prendre des vessies pour des lanternes. Il est vraiment temps d’être sérieux, mais malheureusement je me demande depuis fort longtemps si le gouvernement de l’alternance, en dehors d’une absence totale du sens de l’Etat, possède la plus infime notion de la signification du terme sérieux.
Tu sais, mon ‘père’, il y a des moments où nous autres Sénégalais sommes tellement effarés par le comportement de certains membres de ton entourage que nous finissons sincèrement par nous demander d’où ils viennent et si, réellement, ils ont été à l’école. Alors que le monde entier s’émeut de la fracture ivoirienne due avant tout au problème inqualifiable de l’’Ivoirité’ et que cette partition de la Côte d’Ivoire affecte durablement et sérieusement toute la sous-région, voilà que des individus de ton entourage, à qui je n’attribuerai même pas les qualificatifs d’êtres humains mais plutôt ceux de démons, nous servent sur un plateau, et ceci avec une tranquillité de zombi, les bombes dévastatrices de la ‘Sénégalité’ comme ils nous serviraient des verres de jus de bissap. J’ai eu à te dire lors du vote de la loi Ezzan que tu devais décerner à certains membres de ton entourage la médaille de cancre de la République, mais pour ce coup-ci, ce que tu as de mieux à faire est de te débarrasser au plus vite de ces bombes ambulantes tapies dans l’ombre.
J’ai eu à exercer de 1981 à 1985 ma profession de médecin ophtalmologiste au Chu de Treichville à Abidjan. J’ai même eu le privilège de m’occuper des soins oculaires de feu le président Félix Houphouët-Boigny avec mon patron le médecin général Henri Montabonne. C’était la belle époque de la Côte d’Ivoire d’antan où j’ai eu à vivre mes plus belles années. Une partie de ma famille aussi a eu à vivre dans ce beau pays dans le cadre de la Bad et de l’ancienne compagnie Air Afrique. Aussi le problème actuel de la Côte d’Ivoire m’affecte-t-il d’une certaine manière. Quand je vois où la profondeur de la bêtise humaine, à travers cette abomination que représente le problème de l’’Ivoirité’, a pu conduire ce merveilleux pays, tout ceci avec son lot de souffrance, d’horreur, de mort, de destruction et de dislocation, je ne puis que me dresser avec la dernière énergie lorsque l’on ose évoquer, un tant soit peu et même à mots couverts, une quelconque ‘Sénégalité’ sur cette terre de la Téranga léguée par nos ancêtres.
Que ceux qui nous gouvernent cessent de jouer avec le feu et cessent de mettre le pays en danger pour des raisons mesquines de politique bassement politicienne. Il n’est dans l’intérêt de personne de voir le Sénégal emboîter le pas à la Côte d’Ivoire ne serait-ce que par la parole à plus forte raison par l’acte. Et si acte il y avait, ce serait plus les gens d’en haut qui auraient à en pâtir que les gens d’en bas parce que les doubles nationalités et les ‘Sénégalais d’ethnie toubab’ sont plus nombreux au sommet de l’Etat que chez le boutiquier du coin.
Mon ‘père’, les Sénégalais ont du mal à comprendre le comportement à la limite suicidaire de certains membres de ton entourage, dont le compagnonnage t’est mille fois plus préjudiciable que profitable. Ces personnes-là, tout le monde le sait, n’existent politiquement et socialement que par toi et à travers toi. Et ceci est tellement vrai qu’ils parlent de toi comme étant ‘la seule constance’, expression blasphématoire à laquelle tu devrais mettre rapidement un terme, en tant que musulman, parce que tu sais parfaitement qu’il n’existe qu’Une Seule Constance et c’est Dieu et personne d’autre. Si aujourd’hui tu décidais de tout abandonner, on n’entendrait certainement plus parler de ces gens-là, comme beaucoup d’autres avant eux. On a donc du mal à comprendre qu’ils posent des actes qui ne ressemblent à rien d’autre qu’à de véritables actes de sabordage.
L’alternance, en laquelle le peuple sénégalais avait fondé tant d’espoir, a accouché de tellement de désillusions, de frustrations, de trahisons, d’injustice, de confusion et d’amertume que beaucoup de Sénégalais appréhendent de sérieux règlements de comptes post-alternance pouvant conduire de nombreux dirigeants de l’ère alternance de même que leurs affidés à choisir le chemin de l’exil, eux et leurs proches. Or la vraie famille Sénégalaise ne se réduit jamais à papa, maman et les enfants. C’est la famille africaine au sens large et elle peut compter facilement, sur trois ou quatre générations, une centaine de personnes. Si par malheur, et nous ne le souhaitons absolument pas, certains étaient amenés à prendre le chemin de l’exil, ils pourraient emmener avec eux Madame et les enfants et à la rigueur quelques proches, mais ils ne pourraient emporter dans leurs bagages l’ensemble de leur famille sénégalaise. Et ce sont les proches restés en terre sénégalaise, qui peut-être eux sont complètement innocents, qui risquent malheureusement d’avoir à payer pour les pots cassés par les autres.
Les familles de certains dirigeants de l’ère alternance ainsi que les familles de leurs affidés devraient penser à parler sérieusement à leurs parents dirigeants et à leurs affidés. C’est bien beau d’avoir un parent qui vous couvre maintenant d’argent et de biens matériels, mais il serait aussi souhaitable qu’il puisse vous assurer, de par son comportement présent, la paix et la tranquillité pour le futur.
Mon ‘père’, après six longues années, je ne me fais plus aucune illusion quant à la capacité de changement de ceux qui nous gouvernent, ils ont largement fait la preuve de leur totale incapacité dans ce domaine. Les Sénégalais se réveillent chaque matin en se demandant ce que leurs dirigeants leur réservent pour le lendemain et ces derniers, comme pour ne pas déroger d’un iota à leur funeste image, les font passer chaque jour que Dieu fait de Charybde en Scylla. Pour preuve, leur dernière trouvaille : le concept de ‘Sénégalité’ que je ne comparerais à rien d’autre qu’à une bombe d’Hiroshima en veilleuse.
Dès l’instant où le mot ‘Sénégalité’ a été prononcé, l’inquiétude et la peur se sont installées au sein des populations qui, instruites de l’immensité du désastre causé en Côte d’Ivoire par les problèmes d’’Ivoirité’, ont déjà commencé à prendre leurs précautions. C’est ainsi que j’ai rencontré, au tribunal, une amie tout ce qu’il y a de plus sénégalaise et que j’ai été saisie de stupeur lorsqu’elle m’a avoué être à la recherche d’un certificat de nationalité après ce qu’elle avait entendu.
Mon ‘père’, le Sénégal a toujours eu une tradition de terre d’accueil et d’hospitalité, d’où l’expression ‘Terre de la Téranga’, avec pour preuves les nombreux étrangers qui vivent ici, depuis des lustres, en parfaite harmonie avec les Sénégalais et les nombreux métissages intercommunautaires. Le président Senghor nous a légué une Nation solide et le président Abdou Diouf, en homme d’Etat, n’a cessé de veiller à la préservation de cet héritage. Nous ne te laisserons jamais au grand jamais, toi Abdoulaye Wade et les tiens, détruire cet héritage inestimable dans le monde actuel.
Depuis des mois, une véritable atmosphère de fin de règne s’est installée dans ce pays et rien ni personne ne semble pouvoir l’arrêter. Avec la dernière trouvaille des dirigeants de l’alternance consistant à nous servir le plat innommable de la ‘Sénégalité’, nous, peuple Sénégalais, avons cette fois compris qu’il n’y avait plus rien à attendre de la part de pareils dirigeants, parce qu’ils seront éternellement inaptes à diriger ce pays. Nous osons simplement espérer que vous allez enfin avoir l’intelligence de ne plus vous faire d’illusions. A cet effet, nous vous demandons de bien vouloir commencer à faire vos bagages pour laisser la place aux véritables dirigeants que nous saurons nous choisir en toute maturité.
Au revoir mon ’père’.
Ta ‘fille’ et ancienne complice des samedi matin. Docteur Mame Marie FAYE Médecin Ophtalmologiste Dakar Sénégal Fait à Dakar le 20 août 2006